Développement Bidouze
Amikuzeko Erreken Lagunak propose un schéma de développement de la Bodouze à mettre en place sur la période 2008-2013 afin de prendre en compte les spécificités de cette rivière extrêmement riche mais non exploitée.
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schema-de-developpement-de-la-bidouze.pdf
Une baisse inexorable et continue de la vente des permis de pêche au sein de l’AAPPMA du Pays de Mixe et plus généralement au niveau national est constatée.
A long terme, nous pouvons craindre la disparition pure et dure du loisir pêche non médiatisé ou mis à la mode comme sport, science ou passion. Les conséquences peuvent être désatreuses : non connaissance des populations piscicoles des rivières, ignorance des citoyens envers la nature et abandon simple de l’entretien des cours d’eau avec les conséquences engrendrées comme l’eutrophisation, la pollution, la désertification de la faune.
Amikuzeko Erreken Lagunak dresse un bilan des qualités et des lacunes de la Bidouze. L’Association synthétise dix raisons majeures au déclin de la vente des permis et propose dix réponses en regard pour permettre à la Bidouze de retrouver son attraction antérieure. Le schéma de développement quinquennal est réaliste mais demande des subventions importantes et l’aide de partenaires afin de mettre en place les actions concrètes sur cette période. La première action est la mise en place de deux pontons pour personnes à mobilité réduite dès le début 2008.
Qualités et points positifs de la Bidouze : rivière de première catégorie qui prend sa source au-dessus de Saint-Just Ibarre et s’étend jusqu’à Urt pour la deuxième catégorie sur une part saumâtre. Rivière dans laquelle l’intégralité des différentes espèces de poisson est représentée : vairon, goujon, anguille, brochet, sandre, carpe, perche, black-bass, silure, tanche, ablette, hotus, barbeau…
Rivière dont certains parcours sont accessibles et nettoyés régulièrement : amont et aval du pont de Saint-Palais, parcours amont et aval du pont d’Aïcirits.
Rivière très riche en salmonidés : de nombreuses truites fario autochtones peuplent l’amont de la rivière ainsi que ses affluents (Pagolle, Lambarre). Rivière dont les affluents ont été nettoyés par Amikuzeko Erreken Lagunak et dont la qualité de l’eau est garantie.
Défauts et points négatifs de la Bidouze : quasi inaccessibilité à la rivière sur de nombreux kilomètres, notamment en deuxième catégorie, sur l’aval de la commune d’Aïcirits-Camou-Suhast : cette partie de la rivière, extrêmement riche en poissons blancs qui ne sont pas pêchés. Les sécheresses récurrentes de ces dernières années entraînent une mortalité de poissons, l’eutrophisation de l’eau, la Bidouze souffre énormément des pompages qui se poursuivent. La pêche des poissons de deuxième catégorie (brochet, black-bass, carpe, perche, gardon…) n’est pas mise en valeur et demeure marginalisée.
Evaluation diagnostique de la diminution de vente de cartes et actions proposées en réponse par Amikuzeko Erreken Lagunak
1. La pêche n’est pas à la mode, est mal représentée et non médiatisée.
La pêche doit devenir un sport dans l’image qu’elle véhicule, accessible à tous et proccurant des sensations fortes pour les poissons de combat (truites, brochets, carpes…) comme des sensations de détente (poissons blancs, anguilles…). Il faut développer la communication, créer des actions où la population se sente concernée : organisation de concours de pêche pour les plus anciens (le 15 septembre 2007), animation durant les fêtes locales avec retour sur les traditions, exposition plus médiatiques des prises des pêcheurs.
2. Les pêcheurs ne prennent plus de permis car le manque de poissons domine.
L’empoissonnement en truites arc-en-ciel sur la deuxième catégorie devient une priorité : les pêcheurs désirent, toute l’année, attraper un poisson qui demeure et s’adapte à la rivière. L’AAPPMA doit déverser des truites tout le long de l’année. L’investissement dans une remorque et une cuve 1000 L est indispensable afin d’assurer un empoissonnement régulier.
La mise en place de frayères artificielles à brochets permettra de développer la présence de ce poisson de combat recherché partout dans le monde par les spécialistes des carnassiers. La régulation de la population de fourrage (gardons, ablettes, vairons…) assurera la vie et le développement des carnassiers. Pour cela, des pêches dans les lacs de Camou ou de Béhasque où le gardon souffre de nanisme sont envisageables plutôt que l’achat de poissons dans les piscicultures.
La pêche de la carpe, si prisée à travers l’Europe, demeure marginale alors que la Bidouze possède des spécimens de plus de quarante livres sur l’ensemble du parcours de deuxième catégorie, qui ne sont pas pêchés. Une campagne de communication avec création d’une animation autour de la carpe peut être envisagée, en faisant appel aux partenaires locaux (hôtels, campings…) afin de valoriser la rivière pour ses richesses propres. La mise en relation avec les clubs de carpistes doit s’envisager. La création d’un parcours “carpe” avec pêche de nuit en dérogation est impérative.
3. Les personnes âgées ou à mobilité réduite ne peuvent pas exercer leur loisir sur la rivière car aucun aménagement n’est prévu pour elles.
La mise en place de pontons pour personnes à mobilité réduite est une priorité : six pontons peuvent être implantés entre Saint-Palais et Aïcirits-Camou-Suhast.
4. Les cours d’eau ne sont plus attrayants : la végétation empêche les pêcheurs d’exploiter correctement les coups, la pêche n’est possible que sur d’infimes parties de la rivière. Les cours d’eau manquent d’accès directs, l’impossibilité de se garer est soulignée.
Le nettoyage des berges doit être entrepris de manière systématique. L’accès aux lieux de pêche doit se développer, l’aménagement des berges avec des voies pour circuler sur les modèles des communes de Saint-Palais et Aïcirits doit se développer. L’aménagement des berges et de leurs environs immédiats doit s’ouvrir à des parcours de randonnée, de pistes cyclables et de lieux de détentes avec pose de barbecues, de tables pour les repas et l’implantation de végétation afin de couvrir des zones ombragées permettant aux familles d’apprécier la rivière.
Sur Saint-Palais, il faut développer l’attrait de la chute et la zone aval du pont. Pour cela, il est indispensable de remonter le niveau de l’eau (demande d’autorisation à la DDEA pour la création d’une digue de 50 cm), empoissonnement en truites et black-bass, développement de la population de cygnes ou de canards avec implantation de mangeoires permanentes.
5. Les jeunes ne sont pas amenés au bord de l’eau par la famille : manque de contact direct avec le loisir pêche si aucun proche ne peut conduire l’initiation des enfants.
La mise en place de journées d’initiation pour les jeunes doit devenir incontournable : plusieurs journées dans l’année, création d’une école de pêche et démonstration de diverses techniques de pêche suivant les poissons.
6. Le coût du permis freine les engagements des plus jeunes et amène la réticence des adultes.
Le permis de pêche pour les plus jeunes doit être gratuit et offert par la fédération sur simple demande. L’organisation de remise gratuite des permis doit être mise en place.
7. Le manque de connaissances et de rencontre des pêcheurs entraîne le repli sur soit des personnes exerçant individuellement ce loisir.
Des expositions, des rencontres de pêcheurs locaux permettraient d’expliquer et démarginaliser la pêche sur la Bidouze.